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Déficit foncier : baisser ses impôts grâce aux travaux

Vos travaux dépassent vos loyers ? Ce trop-plein de charges peut venir effacer une partie de vos autres revenus imposables. On vous explique le déficit foncier sans jargon : les plafonds, les travaux qui comptent, et un exemple chiffré pour voir combien vous économisez vraiment.

9 min de lectureMis à jour en Par l’équipe Locara

Le déficit foncier, en une phrase

Le déficit foncier, c’est le résultat négatif que vous créez quand les charges déductibles de votre location vide dépassent les loyers que vous encaissez sur l’année. Autrement dit : une année de gros travaux, vous dépensez plus que vous ne percevez, et cet écart devient un avantage fiscal.

L’intérêt est double. D’abord, ce déficit efface vos revenus fonciers de l’année (vous ne payez pas d’impôt dessus). Ensuite, et c’est là que ça devient puissant, une partie peut venir réduire vos autres revenus imposables (vos salaires, par exemple) dans une certaine limite. C’est ce qu’on appelle l’imputation sur le revenu global.

Une condition non négociable : le déficit foncier n’existe qu’au régime réel d’imposition. Si vous êtes au micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %), vous ne pouvez jamais créer de déficit. On revient sur ce choix de régime plus bas.

Combien vous pouvez déduire : 10 700 € (ou 21 400 €)

La part de votre déficit qui ne vient pas des intérêts d’emprunt s’impute sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an (plafond à revérifier chaque année, il peut évoluer). C’est le plafond de droit commun.

Ce plafond est temporairement doublé, à 21 400 € par an, quand le déficit provient de travaux de rénovation énergétique qui font sortir le logement du statut de passoire thermique. Concrètement, le bien doit passer d’une étiquette DPE E, F ou G à une étiquette A, B, C ou D, prouvée par deux DPE (avant et après travaux).

Retenez la mécanique : 10 700 € pour tout déficit « classique », 21 400 € si vous rénovez une passoire pour la faire sauter d’au moins une étiquette au-dessus de E. Dans les deux cas, c’est un plafond annuel, par foyer fiscal.

Le sort des intérêts d’emprunt (le piège classique)

Toutes les charges ne se valent pas face au revenu global. Les intérêts d’emprunt (et frais assimilés : assurance du prêt, frais de dossier) sont mis à part : la fraction du déficit qui provient d’eux ne peut jamais s’imputer sur votre revenu global.

Elle reste utile, mais autrement : elle s’impute uniquement sur vos revenus fonciers, ceux de l’année et ceux des dix années suivantes. En clair, l’administration commence par éponger vos loyers avec les intérêts ; ce n’est que le reste (travaux, taxe foncière, assurance, gestion…) qui peut descendre sur votre revenu global, dans la limite des 10 700 €.

Le réflexe : si vous avez un gros crédit, ne surestimez pas l’effet « baisse d’impôt immédiate ». Ce sont surtout vos factures de travaux qui alimentent la part imputable sur le revenu global.

Quels travaux comptent (et lesquels ne comptent pas)

C’est le cœur du sujet. Sont déductibles les travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration : ils remettent le bien en état ou lui apportent un confort moderne, sans modifier sa structure. À l’inverse, la construction, la reconstruction et l’agrandissement sont exclus, car ils créent ou augmentent de la surface.

Voici les deux colonnes à garder en tête :

  • Déductibles : réfection de toiture, ravalement, remplacement d’une chaudière, isolation, double vitrage, mise aux normes électriques, réfection de plomberie, peinture, remplacement d’une cuisine ou d’une salle de bains vétuste, honoraires liés à ces travaux.
  • Non déductibles : construction d’une extension, surélévation, aménagement de combles ou d’un garage en pièce habitable, démolition-reconstruction, ainsi que l’achat de mobilier et d’électroménager (qui ne sont pas des « travaux »).

Un exemple chiffré, de bout en bout

Prenons un cas simple. Vous louez un appartement vide 750 € par mois, soit 9 000 € de loyers sur l’année. La même année, vous refaites la toiture et l’isolation : 22 000 € de travaux déductibles. Vous avez aussi 1 200 € de taxe foncière, 200 € d’assurance PNO et 300 € de charges de copropriété non récupérables. Pas de crédit sur ce bien (donc pas d’intérêts d’emprunt à isoler).

Total des charges : 22 000 + 1 200 + 200 + 300 = 23 700 €. Face à 9 000 € de loyers, vous êtes en déficit de 14 700 €.

  • Les 9 000 € de loyers sont d’abord effacés : vous ne payez aucun impôt sur vos revenus fonciers de l’année.
  • Sur les 14 700 € de déficit, 10 700 € s’imputent sur votre revenu global (salaires compris) cette année-là, sauf plafond majoré de 21 400 € si les travaux qualifient une sortie de passoire thermique.
  • Le solde de 4 000 € n’est pas perdu : il se reporte sur vos revenus fonciers des dix années suivantes.

L’économie d’impôt dépend de votre tranche. Sur une tranche marginale à 30 %, imputer 10 700 € sur le revenu global représente environ 3 210 € d’impôt en moins cette année-là (hors prélèvements sociaux et hors effet sur le taux de prélèvement à la source, à confirmer selon votre situation). Le reste continuera d’alléger vos futurs loyers imposables.

Ce qui dépasse n’est pas perdu : le report sur 10 ans

Deux choses se reportent quand elles ne peuvent pas s’imputer tout de suite : la part du déficit qui dépasse le plafond annuel (les 4 000 € de l’exemple), et la part venant des intérêts d’emprunt.

Ce report joue sur vos revenus fonciers (pas sur le revenu global) pendant les dix années suivantes. Un gros chantier une seule année peut donc neutraliser l’impôt sur vos loyers plusieurs années de suite, jusqu’à épuisement du stock.

D’où l’importance de garder une trace claire de ces montants reportés d’une déclaration à l’autre : c’est facile à oublier, et c’est de l’argent.

La condition qui piège : louer encore 3 ans

Le déficit foncier imputé sur le revenu global n’est pas gratuit : en échange, vous devez maintenir le logement en location nue jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit l’imputation. Par exemple, un déficit imputé au titre de 2026 vous engage à louer sans interruption jusqu’au 31 décembre 2029.

Si vous ne respectez pas cet engagement (vous vendez, vous reprenez le bien pour l’habiter, vous le laissez vide), l’administration peut remettre en cause l’imputation sur le revenu global et recalculer votre impôt des années concernées. L’avantage devient alors une facture.

Le bon réflexe : ne déclenchez un gros déficit imputé sur le revenu global que si vous êtes serein sur les trois années à venir. Si une vente est probable à court terme, l’équation change.

Régime réel obligatoire : le passage de porte

On le répète car c’est bloquant : pas de déficit foncier sans régime réel. Si vos loyers annuels dépassent 15 000 €, le réel s’impose de lui-même. En dessous, vous êtes par défaut au micro-foncier et devez opter pour le réel, ce qui vous engage pour trois ans.

Concrètement, opter pour le réel, c’est déposer une déclaration de revenus fonciers détaillée (le formulaire 2044), où vous listez recettes et charges poste par poste, puis reportez le résultat sur votre déclaration principale. Il n’y a pas de courrier séparé : déclarer au réel vaut option.

Si vous hésitez entre micro-foncier et réel dans le principe, on a un guide dédié qui pose la règle des 30 % et un exemple. Ici, dès qu’il y a des travaux lourds, le réel est quasiment toujours gagnant.

Passoire thermique : cumuler intelligemment

Si votre bien est une passoire (DPE F ou G), la rénovation énergétique coche deux cases d’un coup : vous remettez le logement en conformité avec le calendrier de décence énergétique, et vous ouvrez potentiellement le plafond majoré de 21 400 € de déficit imputable.

Attention à ne pas tout mélanger côté financement. Les aides comme MaPrimeRénov’ ne se déduisent pas de vos revenus fonciers : la fraction de travaux couverte par une aide ou une subvention n’est pas déductible (vous ne déduisez que ce qui reste réellement à votre charge). Cumul possible, mais pas de double compte.

Notre guide sur la rénovation d’une passoire et celui sur le nouveau calcul du DPE 2026 détaillent le calendrier et les aides. Le déficit foncier, lui, est le levier fiscal qui vient par-dessus.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le déficit foncier, simplement ?

C’est le résultat négatif obtenu quand les charges déductibles de votre location vide (travaux, taxe foncière, assurance, gestion…) dépassent vos loyers, au régime réel. Ce déficit efface vos revenus fonciers de l’année et une partie peut réduire vos autres revenus imposables. Impossible au micro-foncier.

Combien peut-on déduire de son revenu global avec un déficit foncier ?

Jusqu’à 10 700 € par an et par foyer fiscal, pour la part du déficit hors intérêts d’emprunt. Ce plafond est doublé à 21 400 € quand les travaux de rénovation énergétique font sortir le logement du statut de passoire (passage d’un DPE E, F ou G à A, B, C ou D). Plafonds à vérifier chaque année.

Quels travaux ouvrent droit au déficit foncier ?

Les travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration : toiture, ravalement, isolation, chauffage, double vitrage, mise aux normes électriques, plomberie, peinture. Sont exclus la construction, la reconstruction et l’agrandissement, ainsi que le mobilier et l’électroménager.

Que devient la partie du déficit qui dépasse le plafond ?

Elle n’est pas perdue. La fraction au-delà de 10 700 € (ou 21 400 €), ainsi que la part venant des intérêts d’emprunt, se reporte sur vos revenus fonciers des dix années suivantes. Elle allège donc vos loyers imposables futurs, jusqu’à épuisement.

Faut-il vraiment garder le bien en location après un déficit foncier ?

Oui. Si vous imputez le déficit sur votre revenu global, vous devez louer le logement nu jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit. Sinon, l’administration peut remettre en cause l’avantage et recalculer votre impôt. À anticiper si une vente est probable.

Ce guide donne des repères généraux à jour de la législation en vigueur (notamment la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989). Il a valeur d’information et ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit. Mis à jour le .

Vos locations gérées, l’esprit libre.

Sur Locara, chaque bien garde en mémoire ses factures de travaux, ses charges et ses loyers toute l’année : au moment de déclarer votre déficit foncier, vous avez déjà les bons chiffres et les justificatifs rangés, pas un carton de tickets à trier. Créez votre compte pour tenir vos travaux au propre dès la première facture.

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