DPE 2026 : le nouveau calcul qui sort des centaines de milliers de logements des passoires
Bonne nouvelle pour beaucoup de bailleurs et de locataires : depuis le 1er janvier 2026, le DPE calcule autrement l'énergie de l'électricité. Résultat, des centaines de milliers de logements chauffés à l'électrique quittent le rouge des passoires thermiques — sans le moindre coup de marteau. Voici ce qui change, pour qui, et le geste à faire pour en profiter.
Ce qui change au 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ne compte plus l'électricité de la même façon. Le coefficient qui convertit l'électricité consommée dans le logement en « énergie primaire » passe de 2,3 à 1,9.
Derrière ce chiffre un peu technique, une idée simple : l'énergie primaire mesure toute la chaîne nécessaire pour vous fournir de l'électricité (production, transport, pertes en ligne). Jusqu'ici, le DPE comptait 2,3 kWh d'énergie primaire pour 1 kWh d'électricité utilisé chez vous. Ce ratio, jugé trop pénalisant et dépassé, est ramené à 1,9 pour coller à la réalité du mix électrique et à la valeur européenne actualisée.
Concrètement, pour un logement chauffé à l'électricité, la consommation affichée sur le DPE baisse mécaniquement d'environ 17 %. Assez, dans bien des cas, pour changer de classe.
Pourquoi tant de logements sortent des passoires
Le DPE classe les logements de A (très performant) à G (très énergivore), et les seuils entre les lettres sont exprimés en énergie primaire. Baisser le coefficient de l'électricité fait donc glisser tous les logements « tout électrique » vers le bas de l'échelle de consommation — donc vers une meilleure étiquette.
Selon les estimations du ministère de la Transition écologique, de l'ordre de 850 000 logements quittent ainsi le statut de passoire thermique (classes F et G) sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé. C'est un basculement massif, uniquement lié à la méthode de calcul.
Point rassurant : la réforme ne peut qu'améliorer ou maintenir un classement. Aucun logement ne verra son étiquette baisser à cause de ce nouveau coefficient.
Faut-il refaire son DPE pour en profiter ?
Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, non. Les DPE réalisés entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2025 restent valables et peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur.
La mise à jour se fait en ligne, sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Vous saisissez le numéro ADEME à 13 chiffres qui figure sur votre diagnostic, le système recalcule l'étiquette avec le nouveau coefficient, et vous téléchargez une attestation valable jusqu'à l'échéance de votre DPE d'origine (10 ans).
- DPE réalisé entre juillet 2021 et décembre 2025 : mise à jour gratuite en ligne, pas de nouvelle visite
- DPE antérieur à juillet 2021 : il faudra en refaire un (les anciens diagnostics ne sont plus valables)
- L'étiquette affichée ne change pas toute seule : tant que vous n'avez pas récupéré l'attestation, c'est l'ancienne classe qui fait foi sur votre annonce et dans votre bail
Autrement dit, le recalcul est automatique dans le moteur, mais c'est à vous d'aller chercher l'attestation à jour pour la faire valoir auprès d'un locataire ou d'un acheteur.
Les limites : ce que le recalcul ne change pas
Cette réforme est une vraie aubaine, mais elle a des angles morts qu'il faut connaître avant de crier victoire.
- Elle ne profite qu'au chauffage électrique. Un logement chauffé au gaz ou au fioul ne bouge pas : son étiquette reste identique.
- Le logement n'est pas mieux isolé pour autant. Le confort et la facture réelle ne changent pas — c'est le calcul qui est corrigé, pas les murs.
- Les seuils de classe et le volet gaz à effet de serre (GES) ne sont pas modifiés : un logement énergivore côté carbone le reste.
- Pour les logements qui restent classés F ou G après recalcul, le calendrier d'interdiction (G depuis 2025, F au 1er janvier 2028, E au 1er janvier 2034) et le gel des loyers continuent de s'appliquer.
En clair : le nouveau calcul sauve beaucoup de logements électriques limites, mais il ne dispense pas de rénover ceux qui restent réellement énergivores. Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un conseil individuel ni la lecture de votre diagnostic à jour.
Concrètement, que faire maintenant ?
Si vous êtes bailleur d'un logement chauffé à l'électricité et classé E, F ou G, le réflexe est simple : allez vérifier votre nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME avec votre numéro ADEME, et téléchargez l'attestation à jour si la classe s'améliore.
Ensuite, faites suivre cette nouvelle étiquette partout où elle compte : sur votre annonce de location, dans le bail, et dans le suivi de votre patrimoine. Un logement qui repasse de F à E redevient louable et peut à nouveau voir son loyer révisé — deux effets très concrets.
Côté locataire, si votre logement est chauffé à l'électricité, n'hésitez pas à demander au bailleur un DPE mis à jour : vous saurez ainsi où vous en êtes vraiment vis-à-vis de la décence énergétique.
Questions fréquentes
Mon DPE va-t-il se mettre à jour tout seul ?
Le nouveau coefficient s'applique automatiquement aux DPE réalisés depuis le 1er janvier 2026, mais pour un diagnostic plus ancien, c'est à vous de récupérer l'attestation recalculée sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Tant que vous ne l'avez pas fait, c'est l'ancienne étiquette qui reste opposable.
Combien de logements sont concernés ?
Selon le ministère de la Transition écologique, de l'ordre de 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique (F ou G) grâce au seul changement de méthode, sans aucun travaux. Ce sont surtout des logements chauffés à l'électricité.
La mise à jour du DPE est-elle payante ?
Non. Pour un DPE valable réalisé entre juillet 2021 et décembre 2025, la mise à jour se fait gratuitement en ligne sur le site de l'ADEME, sans nouvelle visite. Seuls les DPE antérieurs à juillet 2021 doivent être refaits.
Un logement chauffé au gaz profite-t-il du nouveau calcul ?
Non. La baisse du coefficient ne concerne que l'électricité. Un logement au gaz ou au fioul conserve la même étiquette : pour lui, seule une rénovation énergétique fera bouger la classe.
Le gel des loyers et les interdictions de louer disparaissent-ils ?
Uniquement pour les logements qui, grâce au recalcul, ne sont plus classés F ou G. Ceux qui restent des passoires après mise à jour restent soumis au gel des loyers et au calendrier d'interdiction (F en 2028, E en 2034).