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Fixer le bon loyer : encadrement, loyer de référence, plafonds

Quel loyer avez-vous le droit de demander pour votre premier bail ? La réponse dépend d’où se trouve votre bien. On vous explique la liberté de principe, les deux encadrements qui la limitent, et comment trouver le loyer de référence qui s’impose à vous.

8 min de lecture·Mis à jour le ·Relu à jour de la législation

Fixer le loyer d’un premier bail : liberté de principe, exceptions locales

Commençons par la bonne nouvelle : en France, fixer le loyer d’un logement est libre par principe. Quand vous mettez un bien en location pour la première fois, ou après des travaux importants, vous choisissez le montant. La loi du 6 juillet 1989 ne vous impose pas de barème national.

Cette liberté connaît toutefois des exceptions, et elles dépendent entièrement de la localisation de votre bien. Deux dispositifs différents peuvent s’appliquer, qu’il ne faut surtout pas confondre :

  • L’encadrement de l’évolution des loyers en zone tendue : dans environ 1 150 communes réparties sur 28 agglomérations, le loyer d’une relocation ne peut pas dépasser celui payé par l’ancien locataire (à quelques exceptions près).
  • L’encadrement du niveau des loyers : dans un nombre plus restreint de villes volontaires, un loyer de référence fixe un plafond que vous ne pouvez pas dépasser, même pour un tout premier bail.

Attention : ce guide traite de la fixation du loyer au départ, quand vous signez un nouveau bail. La hausse annuelle en cours de contrat, elle, obéit à une autre règle — l’IRL — que l’on détaille dans un guide dédié. Ne mélangez pas les deux : ce sont deux moments et deux mécaniques distincts.

Hors zone : un loyer libre, mais cohérent avec le marché

Si votre bien n’est ni en zone tendue ni dans une ville qui applique l’encadrement, vous fixez le loyer que vous voulez. Aucun plafond légal ne s’impose. La seule vraie limite, c’est le marché.

Un loyer trop haut, et votre bien reste vacant : chaque mois sans locataire coûte plus cher qu’un loyer légèrement en dessous du voisin. Un loyer trop bas, et vous vous privez de revenus, tout en compliquant les futures révisions. Le bon réflexe : comparer avec des biens équivalents (même surface, même secteur, même niveau de prestation) sur les annonces récentes.

Pensez aussi à raisonner au mètre carré. Un loyer « au prix du marché » se lit surtout en euros par m². C’est le repère qui vous permet de comparer un studio et un T3 sur une base commune, et de vous situer objectivement.

Rien de tout cela n’est gravé dans le marbre. Comme le zonage évolue, vérifiez toujours si votre commune est concernée avant de conclure qu’elle est « libre » : le simulateur de service-public.fr et l’ADIL de votre département vous le confirment gratuitement.

En zone tendue : le loyer de relocation est plafonné

Premier dispositif à connaître : l’encadrement de l’évolution des loyers. Il s’applique dans les zones tendues, ces agglomérations de plus de 50 000 habitants où la demande de logements dépasse largement l’offre — soit environ 1 150 communes réparties sur 28 agglomérations. C’est le périmètre le plus large.

La règle est simple : quand vous relouez à un nouveau locataire, vous ne pouvez pas fixer un loyer supérieur à celui que payait l’ancien locataire, éventuellement révisé selon l’IRL de l’année écoulée. Autrement dit, à chaque changement de locataire, le loyer ne « remonte » pas librement.

Il existe des exceptions qui vous autorisent à augmenter le loyer au-delà de l’ancien :

  • Vous avez réalisé des travaux d’amélioration récents et significatifs.
  • Le dernier loyer était manifestement sous-évalué par rapport au marché local.
  • Le logement était vacant depuis plus de dix-huit mois.

Ces exceptions sont encadrées par un décret annuel et par des plafonds de hausse : ne les appliquez pas au jugé. Vérifiez le décret en vigueur pour l’année de votre relocation, car les montants et conditions sont revus chaque année. Bon à savoir : pour un tout premier bail sur un logement jamais loué auparavant, cette limite « ancien loyer » ne joue pas, faute de loyer précédent.

Dans les villes qui encadrent le niveau des loyers : le loyer de référence

Second dispositif, plus contraignant : l’encadrement du niveau des loyers, issu de la loi ELAN de 2018. Il ne concerne qu’un nombre limité de villes et d’intercommunalités qui l’ont adopté volontairement, à titre expérimental. En 2026, on y trouve notamment Paris, Lyon et Villeurbanne, Lille, Montpellier, Bordeaux, Grenoble-Alpes Métropole, ainsi que des territoires franciliens comme Plaine Commune et Est Ensemble, et le Pays Basque. D’autres villes rejoignent le dispositif au fil des mois.

La liste bouge, et l’expérimentation a une échéance : vérifiez impérativement, à la date de votre bail, si votre commune l’applique. Ne vous fiez pas à une liste vue sur un blog il y a six mois — consultez la préfecture ou l’observatoire local des loyers.

Là où il s’applique, ce dispositif impose un vrai plafond, y compris pour un premier bail. Le préfet fixe, par arrêté, trois valeurs par catégorie de logement :

  • Le loyer de référence : un loyer médian de marché pour le secteur.
  • Le loyer de référence majoré : le loyer de référence + 20 %. C’est votre plafond : le loyer hors charges ne peut pas le dépasser.
  • Le loyer de référence minoré : le loyer de référence − 30 %, qui sert surtout au locataire pour contester un loyer trop bas au renouvellement.

Ces valeurs varient selon le quartier, le nombre de pièces, l’époque de construction et le caractère meublé ou vide du logement. Un studio meublé des années 1970 et un T4 vide récent n’ont pas le même loyer de référence, même dans la même rue.

Où trouver le loyer de référence qui vous concerne

Vous ne devinez pas ces montants : ils sont publiés. Chaque territoire concerné dispose d’un observatoire local des loyers et d’un arrêté préfectoral qui fixe les valeurs de l’année.

Le plus simple : cherchez le simulateur en ligne mis à disposition par votre agglomération (par exemple celui de la Ville de Paris ou de la métropole concernée). Vous saisissez l’adresse, le type de bien, le nombre de pièces et l’année de construction, et il vous renvoie le loyer de référence majoré applicable.

À défaut, l’arrêté préfectoral en vigueur et l’ADIL de votre département vous donnent la valeur exacte. Prenez cette valeur au moment de fixer votre loyer, pas une ancienne : elle est réévaluée chaque année.

Dernier point qui compte : dans ces villes, l’annonce et le bail doivent mentionner le loyer de référence et le loyer de référence majoré. L’oubli vous expose à une mise en demeure, puis à une amende. Ne l’escamotez pas.

Le complément de loyer : dépasser le plafond, sous conditions

Dans les villes qui encadrent le niveau des loyers, une soupape existe : le complément de loyer. Il vous permet, dans certains cas, de demander un loyer supérieur au loyer de référence majoré.

Mais il ne se décrète pas à la légère. Le complément doit être justifié par des caractéristiques de confort ou de localisation réelles, exceptionnelles au regard des logements comparables du secteur, et non déjà prises en compte dans le loyer de référence. Une terrasse de grande taille, une vue remarquable, une hauteur sous plafond hors norme peuvent le justifier ; une simple cuisine équipée ou un ascenseur, non.

Il doit être mentionné distinctement dans le bail, avec le montant et les éléments qui le justifient. Le locataire peut le contester dans les trois mois suivant la signature en saisissant la commission de conciliation : si le complément n’est pas dûment justifié, il est annulé ou réduit. Utilisez-le donc avec discernement, et gardez les preuves de ce que vous avancez.

Ne pas confondre : fixer le loyer, ce n’est pas le réviser

C’est la confusion la plus fréquente, alors répétons-le clairement. Fixer le loyer, c’est le montant de départ que vous choisissez à la signature d’un nouveau bail. Réviser le loyer, c’est l’ajuster une fois par an, en cours de bail, selon l’IRL — et uniquement si une clause du bail le prévoit.

Les deux répondent à des règles différentes. Le loyer de départ dépend de l’encadrement (zone tendue et/ou ville concernée). La révision annuelle, elle, est plafonnée par la variation de l’IRL publiée par l’INSEE, et elle est même gelée pour les passoires thermiques classées F ou G.

Dans Locara, cette logique se retrouve telle quelle. Vous saisissez le loyer une seule fois, au moment d’ajouter le bien : c’est votre loyer de départ. Ensuite, chaque année, l’outil de révision applique l’IRL au bon indice et à la bonne date, sans que vous ressaisissiez quoi que ce soit. Le montant d’origine reste tracé — pratique le jour où vous relouez et devez justifier le dernier loyer appliqué.

Ce guide vous donne les repères ; il ne remplace pas un conseil individuel. Les zones, plafonds et décrets évoluent chaque année : avant de fixer votre loyer, vérifiez toujours les valeurs du moment auprès d’une source officielle (service-public.fr, ADIL, préfecture, observatoire local des loyers).

Questions fréquentes

Suis-je vraiment libre de fixer le loyer de mon premier bail ?

Oui, par principe. Hors zone tendue et hors ville qui encadre le niveau des loyers, vous fixez librement le montant, la seule limite étant le marché. Mais si votre bien est situé dans une ville concernée par l’encadrement, un loyer de référence majoré s’impose comme plafond, même pour un tout premier bail.

Quelle différence entre zone tendue et encadrement des loyers ?

La zone tendue (environ 1 150 communes réparties sur 28 agglomérations) plafonne surtout le loyer de relocation : vous ne pouvez pas dépasser l’ancien loyer, sauf exceptions. L’encadrement du niveau des loyers ne vise qu’un nombre limité de villes volontaires (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux…) et impose en plus un loyer de référence à ne pas dépasser.

Où trouver le loyer de référence de ma commune ?

Auprès de l’observatoire local des loyers et de l’arrêté préfectoral de l’année, ou via le simulateur en ligne de votre agglomération. Vous saisissez l’adresse, le type de bien et le nombre de pièces pour obtenir le loyer de référence majoré. En cas de doute, l’ADIL de votre département vous le confirme gratuitement.

Puis-je demander plus que le loyer de référence majoré ?

Uniquement via un complément de loyer, justifié par des caractéristiques de confort ou de localisation exceptionnelles et non déjà comptées dans le loyer de référence. Il doit figurer au bail avec ses justifications, et le locataire peut le contester dans les trois mois. Sans justification solide, il est annulé ou réduit.

Fixer le loyer et le réviser, est-ce la même chose ?

Non. Fixer le loyer, c’est choisir le montant de départ d’un nouveau bail, selon l’encadrement applicable. Réviser, c’est l’augmenter une fois par an en cours de bail selon l’IRL, et seulement si le bail contient une clause de révision. Deux moments, deux règles à ne pas confondre.

La rédaction Locara

Nous vulgarisons le droit locatif pour que bailleurs et locataires décident en connaissance de cause. Chaque guide est relu à jour de la législation en vigueur.

Avec Locara

Sur Locara, vous saisissez le loyer une fois en ajoutant le bien, puis vous le révisez à l’IRL au fil des ans — le loyer d’origine et son historique restent tracés, prêts pour la prochaine relocation.

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