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Les diagnostics obligatoires avant de louer

DPE, plomb, gaz, amiante… avant de signer un bail, vous devez réunir un petit dossier de diagnostics. On vous donne la checklist claire : lesquels s’appliquent à votre logement, combien de temps ils restent valables, et ce que vous risquez s’il en manque un.

8 min de lecture·Mis à jour le ·Relu à jour de la législation

Le DDT : le petit dossier que vous annexez au bail

Avant de louer, vous devez remettre à votre locataire un ensemble de diagnostics regroupés dans un document unique : le dossier de diagnostic technique, ou DDT. Il s’annexe au bail au moment de la signature, et de nouveau en cas de renouvellement.

L’objectif est simple : informer honnêtement le locataire sur l’état du logement avant qu’il s’engage. Consommation d’énergie, présence de plomb ou d’amiante, sécurité du gaz et de l’électricité, risques naturels… tout est posé noir sur blanc.

Bonne nouvelle : vous n’avez pas forcément besoin de tous les diagnostics. La liste dépend de votre logement — son année de construction, l’âge de ses installations, sa localisation. On passe chacun en revue, puis on récapitule les durées de validité et les risques.

La checklist des diagnostics, un par un

Voici les sept diagnostics à connaître. Certains sont quasi systématiques (DPE, état des risques), d’autres ne s’appliquent qu’à certains logements. On vous dit à chaque fois qui est concerné.

Le DPE : l’étiquette énergie, pour tout le monde

Le diagnostic de performance énergétique note votre logement de A (sobre) à G (énergivore). Il est obligatoire pour quasiment toute location de résidence principale, et son étiquette doit même figurer dans l’annonce.

Sa validité : 10 ans. Mais attention, il ne s’agit pas que d’une formalité : les logements classés F et G sont progressivement interdits à la location, et leur loyer est déjà gelé. Si votre bien est concerné, on détaille le calendrier et les conséquences dans notre guide dédié au DPE et aux passoires thermiques.

À noter : pour vendre un logement classé F ou G, un audit énergétique plus poussé s’ajoute au DPE. Pour louer, c’est bien le DPE qui fait foi.

L’état des risques (ERP) : le plus court à refaire

L’état des risques et pollutions informe le locataire des risques naturels, miniers, technologiques, sismiques ou de pollution des sols autour du logement. Il est obligatoire dès que le bien se situe dans une zone concernée par un plan de prévention des risques.

Sa particularité : il doit dater de moins de 6 mois au jour de la signature. C’est le plus périssable du lot. Bonne nouvelle, vous pouvez le générer vous-même à partir de l’adresse, il ne nécessite pas de diagnostiqueur.

Le plomb (CREP) : pour les logements d’avant 1949

Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) ne concerne que les logements dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 1949 — l’époque où les peintures au plomb étaient encore courantes.

Sa validité dépend du résultat : si le constat ne révèle pas de plomb (ou en dessous du seuil), il est valable sans limite de durée. S’il en détecte au-dessus du seuil, il n’est valable que 6 ans, et vous devez surveiller l’état des peintures.

L’amiante : à tenir à disposition, pas à annexer

Le diagnostic amiante concerne les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. Il repère la présence éventuelle de matériaux amiantés.

Sa spécificité : contrairement aux autres, il ne s’annexe pas au bail. Vous devez le tenir à la disposition du locataire, qui peut vous le demander à tout moment. Gardez-le donc à portée de main — même s’il ne rejoint pas le contrat, vous devez pouvoir le produire.

Gaz et électricité : si l’installation a plus de 15 ans

Ces deux diagnostics vérifient la sécurité des installations intérieures. Ils deviennent obligatoires dès que l’installation de gaz ou d’électricité a plus de 15 ans. En dessous, vous n’avez rien à fournir.

Leur validité pour une location : 6 ans. Ce sont des diagnostics utiles au-delà de l’obligation, car une installation vieillissante est une source fréquente de sinistres — et donc de litiges.

Surface loi Boutin et bruit : deux mentions à ne pas oublier

La surface habitable, dite « loi Boutin », doit être mentionnée dans tout bail de résidence principale. Ce n’est pas un diagnostic réalisé par un professionnel, mais un mesurage sous votre responsabilité — à ne pas confondre avec la loi Carrez, qui sert à la vente. Une surface annoncée trop généreuse peut se retourner contre vous.

Enfin, l’état des nuisances sonores aériennes concerne uniquement les logements situés dans une zone d’exposition au bruit d’un aérodrome. Si vous êtes dans ce périmètre, cette information doit être remise au locataire. Comme l’ERP, vous pouvez l’établir vous-même.

Les durées de validité à garder en tête

Un diagnostic périmé, c’est comme s’il n’existait pas. Voici les repères à retenir — mais vérifiez toujours la durée en vigueur au moment de louer, car ces règles évoluent :

  • DPE : 10 ans
  • État des risques (ERP) : moins de 6 mois au jour de la signature
  • Plomb (CREP) : illimité si absence de plomb, 6 ans sinon
  • Amiante : illimité si aucun matériau amianté détecté, à refaire en cas de présence
  • Gaz et électricité : 6 ans
  • Surface loi Boutin : valable tant que la surface du logement ne change pas

Le réflexe malin : regroupez la réalisation de vos diagnostics chez un même diagnostiqueur certifié, avant même de publier l’annonce. Un pack complet coûte en général quelques centaines d’euros et vous évite de courir après un document au dernier moment.

Qu’est-ce qu’on risque si un diagnostic manque ?

Louer sans un diagnostic obligatoire n’est pas anodin. Deux conséquences principales, selon le document en cause.

D’abord, l’information du locataire. Si un diagnostic manque ou s’avère erroné, le locataire peut demander une réduction de loyer, voire l’annulation du bail, et engager votre responsabilité pour vice caché s’il découvre un défaut que le diagnostic aurait dû révéler.

Ensuite, le DPE a un statut à part : il est opposable. Autrement dit, un locataire qui constaterait un écart entre l’étiquette affichée et la réalité peut s’en prévaloir. Bref, mieux vaut un dossier complet et à jour qu’une bonne surprise transformée en litige.

Ce guide donne les repères généraux mais ne remplace pas un conseil adapté à votre situation. En cas de doute sur un diagnostic précis, l’ADIL de votre département vous renseigne gratuitement.

Où ranger et partager vos diagnostics

Une fois vos diagnostics en main, deux réflexes vous font gagner du temps. Sur Locara, la fiche de chaque bien porte son étiquette DPE et sa classe GES : vous les renseignez une fois, et l’information suit le bien partout — annonce comprise.

Et le jour de la signature, le coffre du locataire centralise les documents du bail. Vous y déposez le DDT, le locataire le retrouve quand il veut : plus de pièces jointes éparpillées dans les e-mails, et une trace nette de ce que vous avez remis.

Questions fréquentes

Quels diagnostics dois-je obligatoirement fournir pour louer ?

Le DPE et l’état des risques (ERP) sont quasi systématiques. S’y ajoutent, selon votre logement : le plomb (avant 1949), l’amiante (permis avant juillet 1997), le gaz et l’électricité (installations de plus de 15 ans), la surface loi Boutin et, en zone d’aérodrome, l’état des nuisances sonores aériennes.

Le diagnostic amiante doit-il être annexé au bail ?

Non. Contrairement aux autres diagnostics, l’amiante ne s’annexe pas au bail : vous devez seulement le tenir à la disposition du locataire, qui peut vous le demander. Gardez-le donc accessible pour pouvoir le produire à tout moment.

Combien de temps un diagnostic reste-t-il valable ?

Le DPE est valable 10 ans, le gaz et l’électricité 6 ans, l’état des risques moins de 6 mois au jour de la signature. Le plomb et l’amiante sont illimités en l’absence de risque détecté. La surface Boutin vaut tant que la surface ne change pas. Vérifiez toujours la règle en vigueur, elle peut évoluer.

Que risque un bailleur qui oublie un diagnostic ?

Un diagnostic manquant ou erroné peut permettre au locataire de demander une réduction de loyer, voire l’annulation du bail, et d’engager votre responsabilité pour vice caché. Le DPE étant opposable, un écart entre l’étiquette et la réalité peut aussi vous être reproché.

Faut-il un professionnel pour tous les diagnostics ?

Non. Le DPE, le plomb, l’amiante, le gaz et l’électricité exigent un diagnostiqueur certifié. En revanche, l’état des risques (ERP), l’état des nuisances sonores aériennes et la surface loi Boutin peuvent être établis par vous-même, à partir de l’adresse et du mesurage du logement.

La rédaction Locara

Nous vulgarisons le droit locatif pour que bailleurs et locataires décident en connaissance de cause. Chaque guide est relu à jour de la législation en vigueur.

Avec Locara

Sur Locara, la fiche de chaque bien porte son étiquette DPE et sa classe GES, et le coffre du locataire garde ses diagnostics rangés au même endroit — prêts à partager le jour de la signature.

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