Rédiger une annonce de location efficace (et légale)
Une bonne annonce, c'est celle qui attire les bons candidats sans vous exposer à une amende. On passe en revue les mentions obligatoires en 2026, les photos qui donnent envie, la structure qui convertit et la façon de trier les dossiers sans se tromper ni discriminer.
Une annonce carrée vous fait gagner du temps (et évite les ennuis)
Votre annonce a deux boulots à faire en même temps. Le premier : donner envie aux bons candidats de vous appeler. Le second, moins glamour mais tout aussi important : afficher les informations que la loi vous impose de communiquer. Bâclez le premier et votre logement traîne ; oubliez le second et vous vous exposez à une amende.
La bonne nouvelle, c'est que les deux vont dans le même sens. Une annonce précise, honnête et complète rassure le candidat sérieux, décourage les curieux qui vous feraient perdre du temps, et coche au passage les cases légales. On commence donc par le socle obligatoire, puis on soigne le reste.
Les mentions obligatoires : la check-list
Depuis le 1er janvier 2022, particuliers comme professionnels doivent faire figurer un socle d'informations dans toute annonce de location, quel que soit le support (portail en ligne, réseau social, vitrine d'agence, petite annonce). Voici ce qui doit apparaître :
- La surface habitable du logement, exprimée en m².
- La commune et, en zone d'encadrement, l'arrondissement ou le secteur géographique concerné.
- Le montant du loyer mensuel, charges comprises ou non — avec la mention « charges comprises » (ou « CC ») le cas échéant, et le montant des charges.
- En zone d'encadrement des loyers, le loyer de référence majoré, le loyer de base et, si un complément de loyer est appliqué, son montant.
- Le montant du dépôt de garantie demandé.
- Le caractère meublé ou non meublé (vide) de la location.
- La classe énergie et la classe climat issues du DPE (les fameuses lettres A à G).
- Pour un professionnel : le montant TTC des honoraires à la charge du locataire, plafonnés par la loi.
Retenez ce réflexe : tout ce qui touche à l'argent (loyer, charges, dépôt, honoraires) et à la performance énergétique doit être visible dès l'annonce, pas « communiqué à la visite ». Le candidat doit pouvoir décider en connaissance de cause avant même de vous contacter.
Le DPE dans l'annonce : les deux lettres à ne pas oublier
C'est la mention la plus contrôlée. Toute annonce de location doit afficher la classe énergie et la classe climat du logement, idéalement sous la forme des étiquettes colorées A à G. Un DPE « en cours » ou absent n'est plus une excuse : le diagnostic doit être réalisé avant la mise en location.
Le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie doit figurer pour tout logement, précédé de la mention « Montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard » et de l'année de référence des prix retenue. Si le logement est classé F ou G, s'ajoute la formule « logement à consommation énergétique excessive ».
Côté calendrier, gardez en tête que depuis le 1er janvier 2025 les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail, et que les logements F suivront au 1er janvier 2028. Un point à vérifier avant de rédiger : inutile de peaufiner une annonce pour un bien qui n'a pas le droit d'être reloué en l'état.
À noter : depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE a été abaissé, ce qui a fait mécaniquement sortir plusieurs centaines de milliers de logements du statut de passoire. Si votre DPE date d'avant, un recalcul peut faire évoluer votre classe — et donc vos mentions.
Loyer, encadrement et honoraires : afficher juste
Indiquez toujours un loyer « par mois » et dites clairement s'il est charges comprises ou hors charges, avec le montant des charges. Une provision pour charges floue est le premier motif de méfiance d'un candidat sérieux.
Si votre commune applique l'encadrement des loyers, l'annonce doit signaler que la zone y est soumise et faire figurer les montants de référence. Le loyer que vous demandez ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, sauf complément de loyer justifié par une caractéristique de confort ou de localisation exceptionnelle — qui doit alors être affiché à part.
Sur les honoraires, la règle est simple pour un bailleur particulier : vous ne pouvez pas facturer d'honoraires au locataire. Seul un professionnel de l'immobilier peut mettre une partie de ses frais (visite, constitution du dossier, rédaction du bail, état des lieux) à la charge du locataire, et ces montants sont plafonnés et doivent apparaître TTC dans l'annonce.
Des photos qui donnent envie (et rassurent)
Une annonce sans photo, ou avec une seule photo sombre, se fait dépasser par toutes les autres. La photo est ce que le candidat regarde en premier ; elle décide s'il lit la suite. Quelques principes qui font la différence :
- Photographiez de jour, volets ouverts, lumière naturelle. Pas de flash frontal.
- Rangez et videz avant : un logement neutre se projette mieux qu'un logement encombré.
- Une photo par pièce principale, plus la cuisine et la salle de bains — les deux pièces qui font basculer une décision.
- Cadrez depuis un angle pour donner la profondeur, tenez l'appareil droit (lignes verticales).
- Montrez ce qui rassure : luminosité, rangements, extérieur, vue. Ne masquez pas un défaut, il se verra à la visite et cassera la confiance.
Une règle d'or : vos photos doivent correspondre au logement réel. Une annonce trop flatteuse remplit votre agenda de visites qui n'aboutissent pas. L'objectif n'est pas d'avoir beaucoup de candidats, mais les bons.
La structure d'une annonce qui convertit
Au-delà des mentions obligatoires, le texte se lit vite. Un candidat en balaie dix en cinq minutes. Donnez-lui l'essentiel dans l'ordre où il le cherche :
- Un titre clair : type de bien, surface, quartier ou ville (ex. « T2 meublé 42 m², proche gare »).
- Les caractéristiques concrètes : nombre de pièces, étage, ascenseur, extérieur, stationnement, chauffage, meublé ou vide.
- L'environnement : transports, commerces, écoles — ce qui fait la vie quotidienne.
- Les conditions financières récapitulées : loyer CC, charges, dépôt de garantie.
- Les modalités : date de disponibilité, type de bail, et ce que vous attendez au dossier.
Écrivez en phrases courtes, sans abréviations obscures, sans majuscules criardes. Un ton factuel et honnête inspire davantage confiance qu'une prose commerciale. Et terminez par un appel clair : comment vous joindre et comment postuler.
Trier les candidats sans se tromper (ni discriminer)
Une bonne annonce vous ramène des dossiers. Reste à choisir — et c'est là qu'un cadre légal s'applique aussi. Vous pouvez demander les pièces qui figurent sur la liste limitative fixée par décret (justificatif d'identité, de domicile, d'activité et de ressources) et évaluer la solvabilité du candidat. Vous ne pouvez pas réclamer de pièces interdites (carte Vitale, extrait de casier, relevés bancaires, attestation d'absence de crédit…).
Surtout, le refus d'un candidat ne peut jamais reposer sur un critère discriminatoire : origine, nom, situation de famille, grossesse, âge, handicap, orientation, religion, apparence… La sélection se fait sur des éléments objectifs : capacité à payer le loyer, cohérence et complétude du dossier, présence d'un garant ou d'une garantie type Visale.
Un bon réflexe : fixez à l'avance vos critères objectifs (par exemple un reste à vivre suffisant après paiement du loyer) et appliquez-les à tous les dossiers de la même façon. Vous décidez plus vite, plus juste, et vous êtes couvert si un candidat conteste.
Côté Locara : l'annonce part de la fiche du bien
Sur Locara, vous ne repartez pas d'une page blanche. La fiche de votre bien contient déjà sa surface, sa classe DPE et GES, ses charges et frais, et le loyer que vous visez. L'annonce s'appuie sur ces informations : les mentions obligatoires liées au bien et à l'argent sont donc déjà en place, et vous vous concentrez sur le descriptif et les photos.
Une fois le candidat retenu, vous enchaînez sans ressaisir : installer le locataire (titulaire, garants, durée de bail selon le type — meublé un an, vide trois ans, étudiant neuf mois), puis le suivi des loyers, quittances et révisions. Le locataire invité, lui, retrouve son bail, ses quittances et son coffre depuis son propre accès.
Ce guide explique les règles applicables en septembre 2026 ; il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation. En cas de doute sur l'encadrement, le DPE ou les honoraires dans votre commune, rapprochez-vous de l'ADIL de votre département.
Questions fréquentes
Le DPE est-il obligatoire dans une annonce de location ?
Oui. Toute annonce doit afficher la classe énergie et la classe climat du logement (lettres A à G), quel que soit le support. Le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie (avec l'année de référence des prix) doit figurer pour tout logement ; la mention « logement à consommation énergétique excessive » s'ajoute pour les classes F ou G.
Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?
Non pour un nouveau bail : depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne respectent plus le critère de décence énergétique et ne peuvent pas faire l'objet d'un nouveau contrat de location. Les logements F suivront au 1er janvier 2028. Un recalcul du DPE peut toutefois faire changer la classe.
Un bailleur particulier peut-il facturer des honoraires au locataire ?
Non. Seul un professionnel de l'immobilier peut mettre une partie de ses frais à la charge du locataire (visite, dossier, bail, état des lieux), dans la limite d'un plafond légal et en affichant les montants TTC dans l'annonce. Un particulier qui loue en direct ne facture aucun honoraire.
Quelles mentions afficher en zone d'encadrement des loyers ?
L'annonce doit indiquer que la commune est soumise à l'encadrement, puis faire figurer le loyer de base et le loyer de référence majoré. Si vous appliquez un complément de loyer, son montant doit apparaître séparément et être justifié par une caractéristique exceptionnelle du logement.
Quels documents peut-on demander à un candidat locataire ?
Uniquement les pièces d'une liste limitative fixée par décret : identité, domicile, activité et ressources. Sont interdits, entre autres, la carte Vitale, l'extrait de casier, les relevés de compte ou une attestation d'absence de crédit. Le refus ne doit jamais reposer sur un critère discriminatoire.