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Déclaration des biens immobiliers : qui, quand, pourquoi

Il existe une déclaration que beaucoup de bailleurs ignorent : indiquer, chaque année, qui occupe chacun de vos logements au 1ᵉʳ janvier. La bonne nouvelle, c’est que dans la plupart des cas, il n’y a rien à refaire. Voici qui est concerné, quand déclarer, et comment éviter l’amende de 150 €.

7 min de lectureMis à jour en Par l’équipe Locara

La déclaration d’occupation, c’est quoi au juste

Écran « Gérer mes biens immobiliers » listant trois logements avec leur occupation : un bien « Loué », un bien « Occupé » et un bien « Vacant », qu’une loupe et une coche verte viennent vérifier.
Dans « Gérer mes biens immobiliers », chaque logement affiche son occupation : loué, occupé ou vacant. Le plus souvent, il suffit de vérifier que tout est juste.

Depuis 2023, tout propriétaire d’un logement doit dire au fisc qui occupe ce logement. Pas combien vous gagnez, pas vos loyers : juste qui habite là, et à quel titre. C’est la déclaration d’occupation, qu’on fait en ligne via le service « Gérer mes biens immobiliers » (souvent abrégé GMBI) sur impots.gouv.fr.

Attention à ne pas confondre : ce n’est pas la déclaration de vos revenus locatifs, qui se fait au printemps et porte sur l’argent que vous touchez. Ici, on parle d’occupation, pas d’impôt sur le revenu. Les deux démarches existent en parallèle et ne se remplacent pas.

À quoi ça sert ? Depuis la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, l’administration a besoin de savoir qui occupe quoi pour appliquer les taxes qui restent : taxe d’habitation sur les résidences secondaires et taxe sur les logements vacants, notamment. Votre déclaration, c’est la source d’information du fisc.

L’obligation est inscrite à l’article 1418 du Code général des impôts. On vous donne les repères utiles ci-dessous, mais vérifiez toujours la date et les modalités du moment sur impots.gouv.fr, car la campagne évolue d’une année sur l’autre.

Qui est concerné

La règle est large : tous les propriétaires de locaux d’habitation. Que vous soyez bailleur, résident, ou propriétaire d’un bien vide, vous êtes dans le champ.

Concrètement, cela couvre :

  • votre résidence principale et vos résidences secondaires,
  • vos logements loués, qu’ils soient vides ou meublés, en location longue durée ou saisonnière,
  • vos logements vacants, même inoccupés depuis des mois,
  • les dépendances qui s’y rattachent (parking, cave, voire piscine selon les cas).

Un détail qui compte en cas de démembrement : c’est le titulaire des droits réels qui déclare. L’usufruitier est concerné, le nu-propriétaire ne l’est pas. Si vous avez donné la nue-propriété à vos enfants et gardé l’usufruit, c’est donc à vous de déclarer.

Peu importe le nombre de biens : que vous ayez un studio ou cinq appartements, la règle est la même. Simplement, plus vous avez de lots, plus vous avez de lignes à vérifier.

Quand faut-il déclarer (la bonne nouvelle)

Voici le point qui rassure la plupart des bailleurs : vous n’avez à déclarer que s’il y a eu un changement. Si la situation d’un bien n’a pas bougé depuis votre dernière déclaration, vous n’avez rien à faire pour ce bien.

En pratique, dans environ 9 cas sur 10, la démarche se résume à ouvrir « Gérer mes biens immobiliers », regarder les informations déjà préremplies par le fisc, constater que tout est juste, et refermer. Pas de formulaire à remplir de zéro.

Un changement, c’est par exemple : un nouveau locataire qui entre, un locataire qui part et laisse le logement vide, une vente, un achat récent, ou un bien que vous passez de la location vide à la location meublée. Dès qu’un de ces événements a eu lieu, vous mettez à jour la ligne concernée.

L’arbre de décision en un coup d’œil

Pour savoir si vous devez agir cette année, posez-vous les questions dans l’ordre, bien par bien :

Arbre de décision pour un bien : « Déjà déclaré une fois ? » Si non, Déclarer. Si oui, « Situation changée ? » Si oui, Mettre à jour ; si non, Rien à faire. Référence : situation au 1ᵉʳ janvier.
L’arbre de décision, bien par bien : on ne déclare que si le bien est nouveau ou si son occupation a changé.
  1. Avez-vous déjà déclaré ce bien au moins une fois ?

    Si non (bien jamais déclaré, achat récent), vous devez faire la déclaration. Si oui, passez à la question suivante.

  2. La situation d’occupation a-t-elle changé depuis votre dernière déclaration ?

    Nouveau locataire, départ, logement devenu vacant, vente, passage en meublé : si oui, vous mettez à jour. Si rien n’a bougé, vous n’avez rien à déclarer pour ce bien.

  3. Dans le doute, ouvrez quand même « Gérer mes biens immobiliers ».

    Vous y voyez l’occupation déjà enregistrée par le fisc pour chaque bien. Si elle correspond à la réalité au 1ᵉʳ janvier, c’est bon. Sinon, vous corrigez.

La date de référence est toujours la situation au 1ᵉʳ janvier de l’année. C’est la photo de l’occupation à cette date que le fisc veut connaître.

La date limite

La campagne se tient au printemps et se termine début d’été. Le Code général des impôts fixe l’échéance « avant le 1ᵉʳ juillet » de chaque année. Pour la campagne 2026, la date limite annoncée était le 30 juin 2026.

Les dates exactes de la campagne peuvent varier légèrement d’une année sur l’autre. Vérifiez toujours l’échéance du moment sur impots.gouv.fr avant de vous fier à une date entendue ailleurs.

L’amende de 150 € : ce qu’il faut vraiment comprendre

La loi prévoit une amende de 150 € par local pour lequel les informations n’ont pas été communiquées, ou l’ont été de façon inexacte. C’est l’article 1770 terdecies du Code général des impôts. Pour un bailleur avec plusieurs lots, l’addition peut vite grimper.

Soyons clairs : l’obligation est réelle et cette amende figure bel et bien dans les textes. Il ne faut donc pas la prendre à la légère. Cela dit, pour remettre les choses à leur place, les premières années l’administration a d’abord accompagné les propriétaires plutôt que de sanctionner, en concentrant son attention sur les situations les plus manifestes. Un renforcement des contrôles a été évoqué pour la suite, et cette tolérance de départ n’a jamais rien eu d’un droit acquis.

Autrement dit : déclarer n’est pas optionnel, et le seul bon réflexe est de le faire dans les temps. Si vous constatez un oubli, la marche à suivre n’est pas de l’ignorer en espérant passer entre les gouttes, mais de régulariser sans attendre.

Déléguer la déclaration à son gestionnaire : ce qu’on peut en dire

Si vous confiez la gestion de vos biens à un professionnel (agence, administrateur de biens), la question de lui déléguer aussi cette déclaration d’occupation se pose logiquement : c’est souvent lui qui connaît l’identité des locataires et leurs dates exactes d’entrée et de sortie.

Un point de prudence, toutefois : les modalités d’une telle délégation sont techniques et mouvantes, et nous préférons ne pas les présenter ici comme un dispositif établi tant qu’elles ne sont pas clairement confirmées. Si le sujet vous concerne, demandez directement à votre gestionnaire ce qu’il peut faire à votre place, et confirmez le cadre auprès de votre centre des finances publiques ou sur impots.gouv.fr.

Dans tous les cas, gardez un principe simple en tête : même en cas de délégation, considérez que vous restez responsable de l’exactitude de la déclaration. Vérifiez auprès de votre gestionnaire que la démarche a bien été faite, et sur quels biens. Et si vous gérez vous-même, ce point ne change rien pour vous : vous déclarez directement depuis votre espace, comme avant.

Comment déclarer, en pratique

La démarche se fait en ligne, en quelques minutes. Rendez-vous sur impots.gouv.fr, connectez-vous à votre espace particulier et ouvrez l’onglet « Biens immobiliers » : chaque logement y apparaît avec son occupation déjà préremplie par le fisc. Si la situation au 1ᵉʳ janvier est exacte, vous n’avez rien à changer ; sinon, vous corrigez la ligne concernée (identité et dates du nouvel occupant, ou changement de situation), puis vous validez.

Nous détaillons chaque écran, les trois champs à relire avant de valider et le cas du formulaire papier (1208-OD-SD, si vous ne pouvez pas déclarer en ligne) dans un guide dédié, pas à pas : « Déclarer l’occupation d’un logement sur GMBI : les étapes ». Gardez celui-ci pour le « qui, quand, pourquoi » et suivez l’autre le jour J.

Le mot de la fin

Résumons. La déclaration d’occupation concerne tous les propriétaires, se fait en ligne sur « Gérer mes biens immobiliers », et n’est à refaire qu’en cas de changement. L’échéance tombe fin juin, et une amende de 150 € par local sanctionne les manquements : l’obligation est bien réelle, même si l’administration l’a d’abord appliquée avec pédagogie.

Le vrai réflexe à prendre, ce n’est pas de stresser une fois par an. C’est de savoir, en permanence, qui occupe chacun de vos biens et depuis quand. Avec cette information sous la main, la déclaration devient une formalité de cinq minutes.

Ce guide donne des repères, il ne remplace pas une réponse adaptée à votre cas. En cas de doute sur votre situation, votre centre des finances publiques et l’ADIL de votre département répondent gratuitement.

Questions fréquentes

Dois-je refaire la déclaration d’occupation chaque année ?

Non. Vous ne déclarez qu’en cas de changement (nouveau locataire, départ, logement devenu vacant, vente, achat). Si la situation d’un bien n’a pas bougé depuis votre dernière déclaration, vous n’avez rien à refaire pour ce bien.

Quelle est la date limite de la déclaration des biens immobiliers ?

Le Code général des impôts fixe l’échéance avant le 1ᵉʳ juillet de chaque année. Pour 2026, la date limite annoncée était le 30 juin. Vérifiez la date exacte de la campagne en cours sur impots.gouv.fr, car elle peut varier légèrement.

Que risque-t-on si on ne déclare pas ?

La loi prévoit une amende de 150 € par local non déclaré ou mal déclaré (article 1770 terdecies du CGI). L’administration l’a d’abord appliquée avec pédagogie, mais l’obligation est réelle et cette tolérance n’est pas un droit acquis : en cas d’oubli, ne l’ignorez pas, régularisez dès que possible dans « Gérer mes biens immobiliers ».

Quelle différence avec la déclaration de mes revenus locatifs ?

Ce sont deux démarches distinctes. La déclaration d’occupation dit qui habite le logement et se fait via « Gérer mes biens immobiliers ». La déclaration de revenus porte sur l’argent que vous touchez et se fait au printemps avec votre déclaration d’impôt.

Mon agence peut-elle déclarer à ma place ?

La délégation de cette déclaration à votre gestionnaire est une possibilité dont les modalités sont techniques et encore mouvantes : plutôt que de la tenir pour acquise, demandez à votre gestionnaire ce qu’il peut faire, confirmez le cadre sur impots.gouv.fr, et gardez à l’esprit que vous restez responsable de l’exactitude de la déclaration.

Ce guide donne des repères généraux à jour de la législation en vigueur (notamment la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989). Il a valeur d’information et ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit. Mis à jour le .

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Locara garde, pour chaque bien, l’identité de l’occupant et ses dates d’entrée et de sortie : exactement l’information à reporter dans « Gérer mes biens immobiliers » sans la chercher partout.

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