Meublé de tourisme : ce que la loi Le Meur change en 2026
Numéro d'enregistrement à 13 chiffres sans lequel votre annonce est retirée, micro-BIC raboté, DPE qui s'invite, maires aux pouvoirs élargis : la loi Le Meur entre en pleine application en 2026. Voici ce qui change pour un loueur de meublé touristique, et ce qu'il faut faire maintenant.
Loi Le Meur : de quoi parle-t-on ?
La « loi Le Meur », c'est la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale. Son but affiché : rééquilibrer un marché où, dans beaucoup de villes tendues, la location courte durée a grignoté l'offre de logements pour les habitants.
Ses mesures montent en puissance et atteignent leur pleine application en 2026. Quatre chantiers concernent directement les loueurs : un enregistrement national obligatoire, une fiscalité micro-BIC durcie, des maires aux pouvoirs renforcés, et l'arrivée du DPE dans la location touristique.
À noter d'emblée : cet article traite de la location meublée de tourisme (courte durée, saisonnière). Si vous louez à l'année en résidence principale, vous n'êtes pas concerné par la plupart de ces règles — c'est un autre régime.
L'enregistrement national obligatoire : le numéro à 13 chiffres
C'est le changement le plus visible. Chaque meublé de tourisme doit désormais être enregistré via une téléprocédure nationale unique, qui délivre un numéro d'enregistrement à 13 chiffres. Ce numéro doit figurer sur toutes les annonces.
Depuis le 20 mai 2026, la règle est sans appel : toute annonce publiée sans numéro d'enregistrement valide est retirée des plateformes (Airbnb, Booking, Abritel…). Les plateformes ont l'obligation de supprimer les annonces non conformes, et les communes peuvent suspendre ou révoquer un numéro en cas de manquement.
Les sanctions sont dissuasives : le défaut d'enregistrement peut être sanctionné d'une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 €, et l'usage d'un faux numéro ou une fausse déclaration jusqu'à 20 000 €.
En clair : sans numéro, pas d'annonce. C'est la première démarche à sécuriser avant toute mise en location saisonnière en 2026.
Micro-BIC : une fiscalité nettement durcie
La loi Le Meur rabote l'avantage fiscal du régime micro-BIC pour les meublés de tourisme. Ces nouveaux paramètres s'appliquent aux revenus perçus en 2025, déclarés en 2026.
- Meublé de tourisme non classé : abattement ramené à 30 % (contre 50 % auparavant), avec un plafond de recettes abaissé à environ 15 000 € pour rester au micro-BIC
- Meublé de tourisme classé (et chambres d'hôtes) : abattement ramené à 50 % (contre 71 % auparavant), plafond maintenu à environ 77 700 €
Concrètement, à recettes égales, la part imposée de vos loyers augmente. Au-delà des plafonds, ou si le forfait ne vous avantage plus, il faut basculer au régime réel — qui permet de déduire les charges et amortissements, mais suppose une comptabilité plus lourde.
Les seuils et taux exacts dépendent du classement du bien et de votre situation : pour un calcul personnalisé, appuyez-vous sur impots.gouv.fr ou sur un professionnel. Cet article ne remplace pas un conseil fiscal individuel.
Des maires aux pouvoirs renforcés
La loi donne aux communes des leviers bien plus musclés pour maîtriser les meublés de tourisme sur leur territoire. Selon les décisions locales, un loueur peut voir ses règles du jeu changer d'une ville à l'autre.
- Abaisser le plafond de location d'une résidence principale de 120 à 90 nuitées par an
- Imposer une autorisation de changement d'usage, avec parfois une obligation de compensation
- Fixer des quotas d'autorisations de meublés de tourisme
- Délimiter des zones réservées aux résidences principales
Avant de louer, le réflexe est donc de vérifier les règles de votre commune : le cadre national fixe le socle, mais votre mairie peut le durcir. Renseignez-vous auprès du service urbanisme.
Le DPE s'invite dans la location touristique
Jusqu'ici, un meublé de tourisme échappait aux exigences énergétiques imposées à la location classique. La loi Le Meur y met fin en introduisant un calendrier DPE propre à la location touristique.
Pour les meublés situés en zone tendue et soumis à autorisation de changement d'usage, un niveau minimal de performance est exigé selon un calendrier progressif : de l'ordre de la classe F au départ, puis E, puis D à l'horizon 2034.
À partir du 1er janvier 2034, la règle se généralise : l'ensemble des meublés de tourisme devront présenter un DPE compris entre A et D, sauf lorsque le bien constitue la résidence principale du propriétaire.
Le maire peut par ailleurs exiger la transmission d'un DPE valide dans un délai de deux mois, avec des pénalités à la clé en cas de retard ou de non-conformité. Le détail des échéances peut varier selon les textes d'application : vérifiez votre situation via service-public.gouv.fr ou l'ANIL.
Ce qu'il faut faire en 2026, concrètement
Pour un loueur de meublé touristique, la feuille de route de l'année tient en quelques étapes :
- Obtenir (ou vérifier) votre numéro d'enregistrement à 13 chiffres et le faire figurer sur chaque annonce
- Vérifier les règles de votre commune : plafond de nuitées, changement d'usage, quotas, compensation
- Anticiper l'impact micro-BIC sur votre déclaration 2026 et arbitrer, si besoin, micro contre réel
- Faire réaliser un DPE et vous situer face au calendrier énergétique
- Si l'équation ne tient plus, comparer avec un retour à la location longue durée
Ce dernier point mérite un mot : pour une partie des bailleurs, l'addition (enregistrement, fiscalité, DPE, contraintes locales) rend le meublé touristique moins intéressant qu'avant. Repasser en location classique redevient une option à étudier sérieusement.
Et si vous repassez en location longue durée ?
Soyons clairs : Locara ne gère pas la location courte durée. Nous ne publions pas d'annonces Airbnb ou Booking, nous ne suivons pas des nuitées ni des numéros d'enregistrement — ce n'est pas notre métier.
En revanche, si vous décidez de rebasculer un meublé touristique vers de la location classique à l'année, Locara prend le relais sur toute la gestion : rédaction et suivi du bail, installation du locataire, encaissement et pointage des loyers, quittances automatiques, révision du loyer (IRL), et suivi de la rentabilité bien par bien.
Vous retrouvez alors un tableau de bord unique, avec le DPE et la valeur du bien, les charges et frais, et la rentabilité nette — de quoi comparer sereinement ce que rapporte, désormais, une location longue durée face à un meublé touristique de plus en plus encadré.
Questions fréquentes
Mon annonce peut-elle vraiment être retirée si je n'ai pas de numéro d'enregistrement ?
Oui. Depuis le 20 mai 2026, toute annonce de meublé de tourisme sans numéro d'enregistrement valide à 13 chiffres est retirée par les plateformes (Airbnb, Booking, Abritel…), qui ont l'obligation de supprimer les annonces non conformes. Obtenir ce numéro via la téléprocédure nationale est donc la première démarche à faire.
De combien la fiscalité micro-BIC baisse-t-elle pour les meublés de tourisme ?
Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, l'abattement micro-BIC passe à 30 % pour un meublé non classé (plafond de l'ordre de 15 000 €) et à 50 % pour un meublé classé (plafond d'environ 77 700 €), contre 50 % et 71 % auparavant. La part imposée de vos loyers augmente donc à recettes égales.
Un DPE est-il obligatoire pour louer en meublé de tourisme ?
La loi Le Meur introduit un calendrier DPE pour la location touristique. Les meublés en zone tendue soumis à changement d'usage doivent respecter un niveau minimal progressif, et à partir du 1er janvier 2034 l'ensemble des meublés de tourisme devront afficher un DPE entre A et D (sauf résidence principale du propriétaire). Vérifiez le calendrier applicable à votre bien.
Ma commune peut-elle m'imposer des règles plus strictes que la loi ?
Oui. La loi Le Meur renforce les pouvoirs des maires : ils peuvent abaisser le plafond de nuitées d'une résidence principale de 120 à 90 jours par an, imposer une autorisation de changement d'usage avec compensation, ou fixer des quotas. Renseignez-vous auprès du service urbanisme de votre mairie avant de louer.
Est-il plus simple de repasser en location longue durée ?
Cela dépend de votre projet, mais l'accumulation des contraintes (enregistrement, micro-BIC durci, DPE, règles locales) pousse une partie des bailleurs à comparer avec la location classique à l'année. Si vous faites ce choix, Locara gère le bail, les loyers, les quittances, la révision et la rentabilité — mais pas la location courte durée.