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Caution, Visale ou GLI : bien garantir ses loyers

Un locataire qui ne paie plus, c’est la crainte n°1 du bailleur. Trois protections existent : la caution, la garantie Visale et l’assurance loyers impayés. On vous explique laquelle choisir selon le profil de votre locataire, sans se tromper de règle.

8 min de lecture·Mis à jour le ·Relu à jour de la législation

Trois façons de vous protéger contre l’impayé

Face au risque d’impayé, un bailleur a trois options — et une seule chose à retenir pour commencer : elles ne se cumulent pas librement. Choisir la bonne dépend surtout du profil de votre futur locataire.

  • La caution : une personne (souvent un proche du locataire) s’engage par écrit à payer à sa place s’il ne paie pas.
  • Visale : une garantie gratuite portée par Action Logement, où un organisme public se porte caution à la place du garant physique.
  • La GLI : une assurance loyers impayés que vous souscrivez et payez, et qui vous rembourse en cas de défaut du locataire.

Le point commun : toutes visent à sécuriser vos revenus locatifs. Les différences tiennent au coût, à qui peut en bénéficier, et au moment où vous devez les mettre en place. On les passe en revue une à une.

Un mot de vocabulaire au passage, parce qu’il fait trébucher tout le monde : la « caution », c’est la personne (le garant). À ne pas confondre avec le dépôt de garantie, qui est une somme d’argent versée à la signature du bail.

La caution : un garant qui s’engage par écrit

C’est la solution la plus classique. Un tiers — un parent, un proche — signe un acte de cautionnement par lequel il promet de régler le loyer et les charges si le locataire fait défaut. Cet engagement est encadré par l’article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989.

Depuis la réforme du droit des sûretés, l’acte de cautionnement s’est simplifié : la mention manuscrite très détaillée d’autrefois n’est plus exigée dans les mêmes termes, mais l’engagement doit rester clair sur son étendue et son montant. En cas de doute sur la rédaction, faites-vous accompagner : un acte mal ficelé peut être annulé, et vous perdez votre garantie.

Il existe deux types de caution, et la nuance change tout le jour de l’impayé :

  • La caution solidaire : vous pouvez réclamer la dette au garant dès le premier loyer impayé, sans avoir à poursuivre d’abord le locataire. C’est la forme la plus protectrice, et la plus courante.
  • La caution simple : vous devez d’abord vous retourner contre le locataire avant de pouvoir actionner le garant.

En pratique, exigez une caution solidaire et vérifiez la solvabilité du garant comme vous vérifieriez celle du locataire : ses revenus doivent tenir la route face au loyer. Un garant sans ressources, c’est une garantie sur le papier seulement.

Visale : la garantie gratuite d’Action Logement

Visale, c’est une caution assurée gratuitement par Action Logement. Concrètement, l’organisme se substitue au garant physique : si le locataire ne paie pas, Visale vous rembourse, puis se retourne contre le locataire. Gratuit pour vous comme pour lui, c’est son grand atout.

Le point à ne surtout pas rater : le locataire doit obtenir son visa Visale AVANT la signature du bail. Il fait la demande en ligne, reçoit un « visa certifié », et c’est ce document que vous vérifiez avant de signer. Une fois le bail signé, il est trop tard pour l’enclencher.

Visale cible en priorité certains profils, plus fragiles aux yeux des bailleurs :

  • Les jeunes de 18 à 30 ans, sans condition de ressources.
  • Les salariés de plus de 30 ans nouvellement embauchés ou en mobilité professionnelle, sous condition de revenus.
  • Les locataires du parc privé dont le loyer respecte les plafonds fixés par Action Logement.

Attention, le dispositif a évolué début 2026 : plafonds de loyer revus, accès élargi aux salariés de plus de 30 ans, et durée de couverture désormais limitée. Les conditions et montants exacts changent régulièrement — vérifiez l’éligibilité de votre locataire et les plafonds en vigueur directement sur le site officiel de Visale avant de vous engager.

Pour vous, l’intérêt est double : une garantie solide sans débourser un centime, et un locataire rassuré de ne pas avoir à trouver un garant. Le revers : tout le monde n’y est pas éligible, et le loyer doit rester sous les plafonds.

La GLI : l’assurance loyers impayés

La garantie loyers impayés (GLI) est une assurance que vous souscrivez auprès d’un assureur. Contre une cotisation, elle vous indemnise en cas d’impayé, et couvre le plus souvent aussi les charges, les dégradations locatives et les frais de procédure. C’est la protection la plus complète — mais elle a un prix, et des conditions.

Côté coût, comptez en général de l’ordre de 2,5 à 4 % du loyer charges comprises (le taux varie selon l’assureur et les garanties). Bonne nouvelle fiscale : cette cotisation est déductible de vos revenus fonciers, ce qui allège la facture réelle.

En contrepartie, l’assureur est exigeant sur le profil du locataire. Il vérifie sa solvabilité avant d’accepter le dossier, et pose en général une condition de taux d’effort : le loyer charges comprises ne doit pas dépasser environ un tiers des revenus du locataire (soit des revenus d’environ trois fois le loyer). Un CDI hors période d’essai est souvent demandé.

Autre point de vigilance : les exclusions et les délais. La GLI ne couvre que les locataires acceptés selon ses critères ; un dossier trop juste sera refusé. Et en cas d’impayé, vous devez déclarer le sinistre dans le délai prévu au contrat, souvent court. Un retard de déclaration, et la prise en charge peut sauter. Lisez ces clauses avant de signer.

En résumé, la GLI convient bien au bailleur qui veut déléguer le risque et cible un locataire au dossier solide. Elle est moins adaptée si votre candidat a des revenus justes : il risque de ne pas passer le filtre de l’assureur.

Le piège du cumul : caution + GLI, c’est interdit

Voici la règle qui surprend beaucoup de bailleurs. L’article 22-1 de la loi de 1989 l’énonce clairement : un bailleur qui a souscrit une assurance loyers impayés ne peut pas, en plus, demander une caution. Le cumul est sanctionné — l’acte de cautionnement pris en violation de cette règle est nul.

L’idée du législateur : on ne peut pas se faire garantir deux fois le même risque au détriment du locataire et de son garant. Vous choisissez une protection, pas les deux.

Il existe une exception à connaître : les logements loués à des étudiants ou des apprentis. Dans ce cas précis, vous pouvez cumuler une caution et une GLI.

Et Visale dans tout ça ? Même si elle est gratuite et publique, Visale fonctionne juridiquement comme une caution. Elle entre donc dans le champ de l’article 22-1 : on ne cumule pas non plus Visale et une GLI privée sur un même bail. Là encore, en cas de situation particulière, l’ADIL de votre département répond gratuitement.

Alors, laquelle choisir ? Le comparatif

Il n’y a pas de « meilleure » solution dans l’absolu : il y a celle qui colle au profil de votre locataire et à votre appétit pour le risque. Voici comment les trois se comparent.

  • Caution : gratuite pour vous, mais dépend de la solvabilité du garant et suppose un acte bien rédigé. Idéale quand le locataire a un proche solvable prêt à s’engager.
  • Visale : gratuite, solide, mais réservée aux profils éligibles (jeunes, salariés récents…) et soumise à des plafonds de loyer. À privilégier pour un jeune actif ou un locataire précaire éligible.
  • GLI : la plus complète (impayés, charges, dégradations, procédure) mais payante et sélective sur le dossier. Pour le bailleur qui veut déléguer le risque avec un locataire au dossier solide.

Un réflexe simple : regardez d’abord si votre locataire est éligible à Visale. Si oui, vous avez une garantie gratuite et robuste. Sinon, arbitrez entre une caution solidaire (si un garant fiable existe) et une GLI (si vous préférez payer pour déléguer le risque, et que le dossier passe le filtre de l’assureur).

Quelle que soit votre protection, elle ne vous dispense pas de réagir vite le jour où un loyer manque. Une garantie se déclenche mieux quand l’impayé est repéré tôt et documenté — c’est là que votre suivi au quotidien fait la différence.

Rattacher vos garants et suivre les loyers sur Locara

Choisir la bonne garantie, c’est la première moitié du travail. La seconde, c’est de l’avoir sous la main le jour où vous en avez besoin. Sur Locara, au moment d’installer votre locataire, vous pouvez rattacher un ou plusieurs garants au bail : coordonnées et rôle sont enregistrés, prêts à servir en cas de coup dur.

Ensuite, le suivi des loyers repère l’impayé dès le premier jour de retard et vous permet de lancer une relance datée. Cette trace horodatée, c’est exactement ce qui compte si vous devez actionner un garant ou déclarer un sinistre à votre assurance : vous prouvez que vous avez agi vite et dans les formes.

Ce guide vous aide à décider ; il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation. Les chiffres, plafonds et conditions cités (Visale, GLI) évoluent : vérifiez toujours la valeur du moment sur les sources officielles avant de vous engager.

Questions fréquentes

Puis-je demander une caution ET une assurance loyers impayés ?

Non, sauf exception. L’article 22-1 de la loi de 1989 interdit de cumuler une caution avec une GLI : l’acte de cautionnement serait nul. Seule exception : les locations à des étudiants ou apprentis, où le cumul est autorisé.

Peut-on cumuler la garantie Visale avec une GLI ?

Non. Même gratuite et publique, Visale fonctionne juridiquement comme une caution. Elle entre donc dans l’interdiction de cumul de l’article 22-1 : on ne l’associe pas à une assurance loyers impayés privée sur un même bail.

Combien coûte une assurance loyers impayés (GLI) ?

En général de l’ordre de 2,5 à 4 % du loyer charges comprises, selon l’assureur et les garanties choisies. Bon à savoir : cette cotisation est déductible de vos revenus fonciers, ce qui réduit son coût réel. Vérifiez le tarif exact auprès de l’assureur.

Quand mon locataire doit-il demander Visale ?

Avant la signature du bail, impérativement. Le locataire obtient son visa certifié en ligne, et vous le vérifiez avant de signer. Une fois le bail signé, il n’est plus possible d’enclencher Visale sur ce contrat.

Quelle garantie choisir pour un jeune locataire sans garant ?

Regardez d’abord Visale : les 18-30 ans y sont éligibles sans condition de ressources, et c’est gratuit. Si votre locataire remplit les critères et respecte les plafonds de loyer, c’est souvent la solution la plus simple et la plus solide.

La rédaction Locara

Nous vulgarisons le droit locatif pour que bailleurs et locataires décident en connaissance de cause. Chaque guide est relu à jour de la législation en vigueur.

Avec Locara

Sur Locara, vous rattachez un ou plusieurs garants au bail dès l’installation du locataire, et le suivi des loyers repère l’impayé au premier jour — vous savez qui relancer, et vous en gardez la trace.

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